| Bonjour. Je m’appelle Kathryn Ann Hill et je représente la Chambre des organismes bénévoles et communautaires d'Ottawa (COBO). Je siège au comité de direction de la COBO à titre bénévole, et je suis également présidente sortante du conseil d'administration d’Interval House, un refuge d’Ottawa accueillant des femmes victimes de sévices. Ma collègue Brenda Gallagher, coordonnatrice de la COBO, m’accompagne aujourd’hui.
La COBO réunit des représentants d’organismes sans but lucratif, qui s’entraident, mettent des idées en commun et apprennent les uns des autres afin de resserrer leurs liens au sein de la collectivité d’Ottawa, des groupes qu’ils servent et entre eux. Selon notre expérience communautaire, nous savons qu’il vaut mieux travailler ensemble que chacun de son côté. La COBO permet aux divers acteurs du secteur bénévole de s’exprimer d’une même voix pour en accomplir davantage et pour mieux collaborer.
Tout comme les chambres de commerce représentent les entreprises, la COBO représente les organismes bénévoles de la région d’Ottawa, qui sont au nombre de 3 000. Ces organismes sont un élément vital de la santé et du dynamisme de la collectivité. En faisant participer les gens et en les rapprochant, le secteur contribue pour beaucoup à rendre nos communautés inclusives et vivantes.
Les organismes bénévoles nourrissent, abritent et protègent les résidents les plus vulnérables de la ville. Ils s’occupent des enfants, aident les personnes âgées à rester actives et productives, facilitent l'intégration des néo‑Canadiens, essentiels à l’avenir économique d’Ottawa, et contribuent au bien‑être de tous les résidents en offrant des programmes artistiques, culturels et sportifs. Ce secteur joue également un rôle de premier plan dans le cadre d’interventions d’urgence, dans la mobilisation de bénévoles et dans l’établissement de relations avec les personnes vulnérables. Ces organismes fournissent de nombreux services essentiels à toute la population d’Ottawa et procurent divers avantages économiques à la région en organisant d’importantes conférences et de grands événements sportifs, comme la coupe Bell Capital. Il est difficile de trouver ne serait‑ce qu’une personne dont la vie n’a jamais été touchée par un organisme du secteur bénévole.
Il s’agit donc de l’une des ressources les plus précieuses de la ville : amenuiser le secteur bénévole reviendrait à amenuiser la ville.
Nous ne sommes pas ici parce que nous recevons des fonds municipaux. La Ville fournit à la COBO un certain soutien en nature par l’entremise de ses Services de bénévoles et de l'excellent travail de Barb Tiffin et d’autres membres de son personnel, qui nous aident à organiser des événements et à fournir des conseils précieux.
Nous sommes ici aujourd’hui pour représenter notre secteur, discuter des orientations proposées dans le budget et exprimer notre inquiétude si des compressions drastiques intervenaient dans les programmes ou services offerts; elles se répercuteraient non seulement sur les organismes actuellement subventionnés, mais aussi sur le secteur dans son ensemble. Après tout, lorsque des services ou des programmes sont abolis, la population se tourne vers ses organismes pour satisfaire ses besoins.
Nous savons qu'il faut combler le déficit de 95 millions de dollars, et nous comprenons que le Conseil doit prendre des décisions difficiles pour réussir à équilibrer son budget, mais ce sont là des problèmes à court terme. Nous vous adjurons de ne pas tenir compte uniquement des éléments profitables d’un point de vue financier, mais plutôt de fonder vos décisions sur l’intérêt de la ville à long terme. Il serait facile d’économiser 5000 $ aujourd’hui en éliminant un programme mineur, mais il se peut que ce programme soit celui qui resserre le plus la collectivité et qui crée le plus grand sentiment d’appartenance.
De toute évidence, la Ville d'Ottawa, comme bien d’autres villes en Ontario et au Canada, éprouve des difficultés financières qui doivent être réglées avec le concours des gouvernements provincial et fédéral. Il s’agit d’un problème complexe qui exige temps et énergie.
Nous nous engageons à collaborer avec la Ville pour trouver des solutions, notamment en la faisant bénéficier de nos compétences. Les organismes bénévoles sont aux premières loges lorsqu’il s’agit de constater les besoins et les difficultés des communautés et des personnes qui les composent, et notre expérience commune confirme la nécessité de répartir équitablement les responsabilités et les revenus. Entre‑temps, nous comptons sur le leadership des membres du Conseil pour trouver des solutions créatives et novatrices afin de combler le déficit budgétaire et pour envisager honnêtement toutes les possibilités qui s’offrent.
Les décisions prises maintenant auront une incidence sur la vie des résidents d’Ottawa des années durant. Nous savons tous que la force d’une entreprise ne se mesure pas uniquement à l’aune de son bilan; les actifs incorporels que nous avons amassés ensemble au fil du temps ont fait d’Ottawa cette grande ville que nous connaissons : collaborons afin qu’elle le reste.
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